Boite à fourbi

[Chronique] Anime – Higurashi no naku koro ni (2006)

Titre alternatif : Hinamizawa, le village maudit 
Année : 2006/2007
Public : Interdit aux moins de 16ans
Genres : Drame – Horreur / Épouvante – Mystère – Psychologique – Surnaturel – Thriller
Episodes : 2 saisons de 26 épisodes
Plateforme : Netflix

Résumé

Juin 1983[4]. Hinamizawa (雛見沢) est une petite ville (fictive) d’apparence paisible de la campagne japonaise où le personnage principal, Keiichi Maebara, vient emménager avec sa famille. Il va très vite se lier avec quatre de ses camarades de classe, quatre jeunes filles nommées Rena Ryugū, Mion Sonozaki, Rika Furude, et Satoko Hōjō, qui l’acceptent dans leur club d’amateurs de jeux de société.

Leur bonne entente commence toutefois à se détériorer quand Keiichi apprend petit à petit certains éléments de l’histoire récente du village. Tout débute apparemment par un meurtre horrible commis quatre ans auparavant suivi d’une série de mystérieuses disparitions, mais ces faits sont passés sous silence. Pire, il semblerait que les amies de Keiichi aient été mêlées à ces événements !

Après le festival de Watanagashi, célébrant une déité locale, Oyashiro-sama, de nouvelles énigmes apparaissent…

Opening de la saison 1

Mon avis

Avec presque 14 ans de retard, j’ai découvert l’univers Higurashi avec l’anime de 2006 et ce fut le très gros coup de coeur de l’année et sur lequel, je voudrai revenir à travers cette chronique.

Attention, l’anime en question contient beaucoup de violence et est interdit aux moins de 16 ans. On est en présence d’un anime choc et parfois choquant.

Il existe un reboot, actuellement en cours de diffusion, disponible sur la plateforme Wakanim. La version proposée est disponible sur Netflix.

La série de 2006 est composée de 26 épisodes, eux-mêmes regroupés en « Arc ». A la manière d’un Novel Game, tous les arcs ont des évènements communs mais ont une fin différente et un point de vue différent de ces évènements.

Au tout début, je pensais avoir affaire à une sortie de School day, déjà chroniqué mais ce n’est absolument pas le cas. L’aspect malsain de l’anime ne se situe pas dans la nature des relations entre les personnages mais dans la manière ils basculent dans la folie sous l’influence de la malédiction. Nous ne sommes pas en présence d’un harem mais bien dans un anime d’épouvante avec du surnaturel.

Les graphismes ont certes un peu vieilli mais l’histoire est vraiment prenante. Si au début de chaque arc, on se retrouve dans une ambiance bonne enfant dans une école de campagne, le malaise commence peu à peu à s’installer au fur et à mesure de chaque arc avant de finir en massacre final. S’il y a beaucoup de « kawaï-attitude » dans l’anime, on ressent peu à peu la plongée dans le côté obscure à la fois de ce petit village et des personnages de la série. Le constrate entre la vie ordinaire des héros et l’ombre de la folie et de la mort qui planent au dessus d’eux est saisissant et bien mené.

Chaque arc répond à des questions aux arcs précédents tout en en faisant poser de nouvelles. Qui est réellement cette divinité ? Quels sont les secrets des amies de Keiichi ? Pourquoi Rena semble parfois devenir une autre personne ? Que se cache réellement derrière la divinité tutélaire de ce village ? Un complot ? Des manipulations des familles « régnantes » du village ?

L’anime aborde également des sujets plus proches de nous comme la maltraitance ou l’abandon infantile, le poids des secrets familiaux, les enfants pris dans des divorces difficiles. Et la question se pose, au final : la malédiction ne peut-elle agir que si le coeur des personnages se laissent envahir par la haine ou l’amitié qui lient les personnages et qui se renforcent au fur et à mesure des arcs peuvent agir pour que cette dernière ne puisse se réaliser ?
La saison 2 apportera son lot de révélations et de réponses restées en suspens dans la saison 1. Néanmoins, j’ai moins accroché à la fin de la saison 2 qui part vraiment très loin dans le délire.

Il faut souligner le magnifique opening de la saison 1 qui fait partie de mes préférés et qu’on ne peut pas sauter à chaque épisode.

En conclusion, Higurashi est vraiment un très très bon anime, qui a su m’accrocher très rapidement et que je vous recommande vivement si vous aimez les animes contenant autant de mystère que du gore (car certains passages, je le répète, sont très violents) et qui interroge.

Animes, Films, Films & documentaires, Mangas/Animes/Jeux vidéos

Chronique film d’animation – Ghost in the Shell

xEQVBrAd1hWtwCeK39RQ84CRqB7

Titre : Ghost in the Shell
Genre : Thriller, cyberpunk
Année : 1995

Résumé

Dans un Japon futuriste régi par l’Internet, le major Motoko Kusunagi, une femme cyborg ultra-perfectionnée, est hantée par des interrogations ontologiques. Elle appartient, malgré elle, à une cyber-police musclée dotée de moyens quasi-illimités pour lutter contre le crime informatique.

Le jour où sa section retrouve la trace du ‘Puppet Master‘, un hacker mystérieux et légendaire dont l’identité reste totalement inconnue, la jeune femme se met en tète de pénétrer le corps de celui-ci et d’en analyser le ghost (élément indéfinissable de la conscience, apparenté à l’âme) dans l’espoir d’y trouver les réponses à ses propres questions existentielles…

Mon avis

Attention ! Film culte en perspective qui se taille la part du lion dans mon top 10 de films préférés !

Je vous avais déjà chroniqué auparavant deux autres animes adaptées du manga de Masamune Shirow : la saison 1 de la série animée GitS : Stand Alone Complex et l’OAV Solid State Society. Aujourd’hui, je vous propose le film qui a popularisé cette oeuvre qui reprend simplement le titre de Ghost in the Shell.

Lui-même qui trouve une inspiration dans une autre oeuvre majeure des films d’animation, à savoir le cultissime Akira, GitS a été à son tour source d’inspiration pour de nombreux auteurs, réalisateurs, mangakas, la plus célèbre étant Matrix mais on peut citer une autre oeuvré déjà chroniquée ici : Serial Experiments Lain.

La sortie de l’adaptation américaine du film a soulevé un certain nombre de polémiques et, bien que ne l’ayant pas vu, j’ai été particulièrement gênée du passé physique de Motoko et du Puppet Master ainsi que l’héroïne retrouve sa mère… Blablabla… Ok, je peux comprendre qu’on voulait s’adresser d’abord à un public américain et que ce genre de narration a quelque chose de typiquement américain. Et là, non, pour la puriste que je suis, je refuse de voir un film qui dénature et corrompt totalement le propos même du l’oeuvre. Il en sera d’ailleurs de même pour le film Death Note où, je dois dire, Netflix me déçoit profondément. Fin de la disgression.

Avec plus de 20 ans au compteur, on peut déjà dire que le film n’a quasiment pas pris une ride, malgré les progrès depuis lors de l’animation.  Le scénario, complexe et nébuleux, propose plusieurs thématiques qui, aujourd’hui encore, trouvent un curieux écho et que j’ai déjà profondément et longuement évoquées : la fusion du réel et du virtuel, la relation homme-machine, la définition même de l’humanité, le transhumanisme, la possibilité de l’émergence d’une conscience dans l’océan du Net. Le film de 1995 a su véritablement transcender ces thématiques de manière à la fois magistrale et à la fois contemplative. On n’est pas face à un bête film d’action pure ou à un simple thriller futuriste. Le film invite les spectateurs à la réflexion comme le fait l’héroïne. Le long passage de contemplation après que Motoko exprime de manière énigmatique ses doutes et ses interrogations concernant sa présence au sein de la Section 9 est éminemment symbolique. Mais la toute fin possède aussi un symbole fort que l’on retrouve dans l’arbre généalogique fgravé dans le mur.

Il y aurait beaucoup à dire et même à redire dans ma chronique sur ce film qu’il faudrait l’aborder pratiquement séquence par séquence car, toutes ont leur importance et apporte une pierre à la réflexion générale qu’il soulève. L’une des choses qui, très personnellement, m’éblouira toujours a été la bande son qui, est encore aujourd’hui, l’une des plus belles. Mais pour mieux appréhender cette oeuvre, la visionner vaudra mieux que mille mots pesés et réfléchis.

En conclusion, Ghost in the Shell, le film de 1995, est LE film d’animation qu’il faut avoir vu et que je recommande plus que chaudement.

Animes, Mangas/Animes/Jeux vidéos

Chronique Anime – Serial Experiments Lain

téléchargement

Titre : Serial Experiments Lain
Genre : Cyberpunk, thriller, psychologique
Année : 1998
Nombre de saisons et d’épisodes : 1 saison pour 13 épisodes

Résumé

La petite Lain mène une vie morne au milieu d’une famille qui ne se parle pas. Un jour, elle reçoit un e-mail d’une camarade d’école qui s’est suicidée. Elle apprend à Lain qu’elle s’est fondue dans le réseau de communication appelé Wired et qu’elle y a rencontré Dieu. Lain, intriguée par ces messages, demande à son père de lui acheter un Navi, un ordinateur de la dernière génération. Commence pour elle un voyage dans le monde des hackers et du réseau, à la recherche de l’existence de Dieu et d’elle-même.

Mon avis

Chronique rédigée dans le cadre du Movie/Serie/Livre Challenge.
Pour le challenge lancé par Tinalakiller, je vous propose cette chronique Un film/série d’animation et Un film/série/livre qui a marqué mon enfance/mon adolescence.

Après une très longue période sans chronique (manque de temps, d’envie), je reviens vers vous avec la chronique d’un Anime qui rentre dans le top 10 de meilleurs Animes de tous les temps, un pur chef d’oeuvre du Cyberpunk à la japonaise. Serial Experiments Lain a d’ailleurs, comme son illustre aîné, Ghost in the Shell, clairement inspiré les Wachowski pour Matrix.

Je ne vais pas vous livrer une analyse approfondie de la série tant elle possède une quantité impressionnante de niveaux de lecture et vous invite à lire plutôt cette analyse et la seconde partie, absolument complètes par Laurence Camite.

Si je vous recommande cette série qui va fêter ses 20ans, c’est tout d’abord qu’elle se détache clairement de l’animation habituelle par l’ambiance unique, pratiquement sous acide, qu’elle dégage. Avec Lain, on est invité dans un voyage onirique dans un monde où le virtuel (le Wired, sorte d’Internet encore plus évolué) et le réel se mélangent  de telle sorte que la frontière entre les deux n’existe plus. Là où Matrix faisait encore la distinction entre réalité et virtuel, il est très difficile dans Lain de savoir si ce qu’on voit est la réalité ou une réalité avec des projections quasi-physique du monde virtuel, bref un monde où virtuel et réel ne sont plus séparés et les supports physiques pour les connecter ne sont plus nécessaires. On peut même dire le monde de demain. Dans une de mes précédentes chroniques, je pense et je crois même que la prochaine mutation de l’humanité ne sera pas une évolution naturelle du corps comme elle a pu l’être mais une mutation où l’organique, la chair se mêleront à l’électronique et à l’artificiel par l’intermédiaire de l’homme. L’unique frein n’est pas ni une question financière ni une question d’avancement technologique mais une simple question d’éthique. Jusqu’où peut-on modifier volontairement un corps ? Bien sûr, à tout cela, se pose aussi la question de la liberté (peut-on accepter d’être en permanence géolocalisé et donc pisté ?) et de la sécurité des données? La problématique est loin d’être anecdotique puisqu’elle agite constamment le spectre d’une disparition complète de la vie privée et par là-même, pourrait être une menace à terme des libertés individuelles.
Lain fait justement se poser toutes ces questions et ce, il y a déjà 20 ans, avec des technologies qui nous paraissent déjà obsolètes (le Navi, sorte d’ordinateur qui permet de se promener dans le Wired, garde une physionomie très année 90 du matériel informatique). Hormis le fait que le Wired utilise déjà le protocole 7, nous nous dirigeons vers la version 6 (IPv6). Réalisé en 1998, année où Internet n’était pas déployé comme ces dernières années, ces technologies mais encore plus ce que les humains en font ne sont finalement qu’une anticipation de notre monde actuel et en devenir.

L’une des répliques marquante de la série, on cite évidemment : « Peu importe où tu vas, tout le monde est relié » fait figure de l’un des fils conducteurs de l’intrigue et à la fois d’une fatalité à laquelle personne ne peut plus échapper. N’oublions pas que « Wired » signifie « câblé », « grillagé » et qui est aussi la manière de représenter le Net, une sorte de maillage entre tous les utilisateurs, qui ne possède pas de centre. Dans un univers ultra-connecté, en proie à la solitude, conséquence direct de l’individualisme, la figure de Lain constitue le nouveau Dieu d’un monde en perte de repères. La notion de religion est omniprésente dans la série, moins tant dans le sens liturgique (quoique…) que dans le pur sens philosophique du terme. Pour revenir à cette notion d’absence de centre et donc de repères, la famille de Lain en est le symbole le plus évident : une mère froide et indifférente, un père qui donne les clés à Lain pour se connecter et vivre dans ce monde virtuel, une soeur qui finit folle après avoir les frais des projections physiques de Wired dans la réalité.

La quête de divinisation de Eiri Masami est aussi, finalement, une quête aussi vieille que l’Humanité, la quête de l’immortalité. La peur de la mort semble effacée puisque la série commence par le suicide de Chiza et d’autres le suivront. Si l’esprit, la consience sontt en quelque sorte copiés dans le Wired, le corps peut bien mourir, se décomposer et disparaître, la personne continue d’exister sous forme d’information. D’ailleurs, l’idée sous-jacente et expliciter au cours de l’épisode 9 que le corps n’est qu’une projection holographique et que l’Humain n’est finalement qu’une masse de données et d’informations. Cette hypothèse est encore renforcée avec les Résonances de Schumann, utilisés par Masami pour faire disparaître la frontière entre le Wired et le monde réel. Je paraphraserai cette idée « La conscience humaine n’est rien d’autre qu’un phénomène physique, un peu d’électricité stimulant les synapses du cerveau. la chair n’existe que pour confirmer ton existence, tout comme ce doute, ce doute qui t’étreint en ce moment. » en disant que finalement : « la réalité n’existe pas. La réalité n’est que la projection physique des impulsion électriques du cerveau.« . Enfin, deux autres problématiques émergent au fil des épisodes, à travers la déchéance de Lain qui se perd dans ce monde virtuel : le premier est ce contrôle des données qui échappe aux utilisateurs et la possibilité de les effacer, de les formater. A plusieurs reprise, Lain tente de faire des Reset pour effacer ses actions qui ont affectés ses proches, en particulier, Alice, sa seule amie et celle qui lui permet encore de garder une petite once d’humanité. Mais même elle fera les frais de la folie de l’héroïne puisqu’elle sera, elle aussi, qu’un pantin dans les mains de Lain.
L’autre problématique est cette espèce de schizophrénie et, d’une manière globale, les troubles mentaux (cyberdépendance, paranoïa) qui enfoncent Lain dans ses délires et sa paranoïa. Cette folie se matérialise par le fait que Lain n’a aucun souvenir de son passé (même proche). Dans l’épisode 9, impressionnant, Infonography, pour conserver sa mémoire, Lain est obligée de « télécharger » ses souvenirs dans son cerveau et ce, dans le sens propre du terme. Ce qui signifie que si elle disparaissait, ce n’est pas juste une bibliothèque qui disparaîtrait mais bien tout un univers.

Pour accréditer tout cela, il est important de faire remarquer que les épisodes sont des « Layer » soient « couche » enn français. Une « Couche » est une notion fondamentale de la compréhension de fonctionnement du Net. Pour plus d’information, ne pas hésiter à consulter Wikipédia qui vous expliquer bien mieux que moi tous ces concepts.

Si dans un premier temps, Serial Experiments Lain semble d’abord s’adresser aux fans d’ésotérisme, aux geeks et autres nerds, avec des notions parfois difficiles à appréhender pour les néophytes en informatique, les nombreux dissegressions la rendant parfois difficile à comprendre qu’à la toute fin et, souvent, un revisionnage pour mieux assembler les pièces de cet immense puzzle, la série est aussi un excellent moyen de réfléchir aux  nombreuses problématiques soulevées précédemment et à d’autres que chacun peut dégager à son visionnage. Aucune réponse n’est donnée, c’est à chacun, avec sa philosophie, ses valeurs, son expérience de trouver ses propres réponses.

En conclusion, cette série mériterait une chronique beaucoup plus longue mais le plus simple est de la regarder, tout simplement.

Boite à fourbi

Chronique Anime – School Days

Année : 2007
Genre : Romance, drame, psychologie, Ecchi (int -16)
Nombre d’épisodes et durée : 12 épisodes de 22 min

Résumé

Makoto est amoureux de Kotonoha. Il la voit chaque jour dans le train qui les mène à l’école, seulement, il n’a pas le courage de lui dire quoi que ce soit et se contente de la regarder de loin. Tout change lorsqu’il prend une photo d’elle avec son téléphone portable. Photo que Sekai, une de ses camarades de classe, voit avant de proposer au timide Makoto de lui arranger le coup avec la jeune fille. Le trio se retrouve donc à un déjeuner improvisé par l’entremetteuse, afin que les deux tourtereaux fassent plus ample connaissance. Mais si Sekai est elle aussi amoureuse de Makoto, pourquoi tient-elle tant à le voir avec Kotonoha ?

Mon avis

Cela faisait un moment que je voulais rédiger cette chronique et bien, c’est fait ! School Days, comme un certain nombre d’animés, est à l’origine un jeu vidéo type novel game avec plusieurs fins selon les choix de l’utilisateur. Mais c’est de la version animée qu’aujourd’hui je vais évoquer.

Alors depuis, en matière de visionnage, les Japonais ont proposé largement pire mais School Days est un anime absolument dérangeant, malsain avec le héros le plus méprisable qu’on puisse imaginer pour un anime de type school romance. Mais j’y reviendrai. Cet anime a choqué un certain nombre de personnes et qui, encore aujourd’hui, divise les internautes.

Si les deux premiers épisodes semblent être un copié collé d’un millier d’autres animes avec de la romance lycéenne, du triangle amoureux et même le côté harem, on réalise, au fur et à mesure que la série prend une tournure beaucoup plus cynique et sombre, où les relations entre les personnages deviennent de plus en plus tordues et perverses. Sous son air nonchalant, le héros Makoto est en réalité un adolescent manipulateur dont le peu de cerveau qu’il avait a migré en dessous de la ceinture et dont les actes totalement irréfléchis le conduisent à sa perte dans un final halluciné. Mais les personnages féminins ne sont pas non plus réduites à l’état de victimes de la soif de sexe de Makoto puisque leurs comportements contribuent à l’ambiance malsaine de la série. On peut vraiment parler dans le cas de anti-héros et ce, pour absolument tous les personnages. Leurs objectifs se concentrent finalement sur leur seule satisfaction égoiste d’un moment de plaisir. Les conséquences de leurs actes ne semblent pas les inquiéter outre mesure.  Même si les aspects psychologiques sont caricaturales, ils proposent quand même quelque chose de crédibles, loin d’Epinal de l’adolescence au coeur pur et innocent qui mène une vie agréable au lycée dans un cadre idyllique. Tout au contraire, chacun possède ses vices et ses défauts et certains thèmes, en l’occurrence le harcèlement scolaire, sont loin d’être occultés. Le viol de Kotonoha par le meilleur ami de celui qu’elle croit être son petit ami (même si, en la matière, on a, malheureusement, fait bien pire) et la fête de l’école où les élèves s’adonnent au voyeurisme en filmant les ébats des uns et des autres sont les séquences dérangeantes de l’anime  puisque c’est le moment clé où tout part en vrille et tout le monde semble avoir jeté aux orties la moindre retenue. Le seul personnage qui, malgré le fait de sombrer dans la démence, garde au final un minimum de cohérence et de sincérité est bien Kotonoha pour qui on éprouve un peu de pitié alors que ses camarades de classe se moquent d’elle et que le garçon qu’elle aime lui ment dès le départ, la trompe et la blackliste de son téléphone.

Revenons, si vous le voulez bien, sur le personnage de Sekai, personnage des plus ambigus, tout du moins en apparence. En effet, sous son air de « bonne-copine-qui t’arrange-le-coup-avec-le-mec-de-tes-rêves » qu’on a tous plus ou moins côtoyée une fois à l’école, se cache là aussi une redoutable manipulatrice qui justifie ses actes sur le fait qu’elle ait tout accepté de Makoto en particulier ses innombrables tromperies quasiment sous ses yeux. Sekai est, à mon avis, encore plus détestable que Makoto. Peut-être que ses actes se justifiraient par une éventuelle jalousie envers son amie supposée, Kotonoha mais je crois tout simplement qu’elle aime aussi simplement traiter les autres comme des pantins.

La fin est évidemment ce qui a ajouté un énorme bonus à l’anime et lui a conféré cette aura sulfureuse et gore. Même s’il n’y a pas des litres d’hémoglobines, le meutre de Sekai sur Makoto, puis quand Kotonoha tue à son tour Sekai restent deux séquences solidement troussés pour trancher encore plus radicalement avec le côté school romance. On est loin du traditionnel choix du héros et de celle qui n’a pas été choisie regardant tristement la mer à perte de vue. Tout au contraire, les personnages principaux ont totalement sombré pour atteindre un point de retour où la haine entre les héroïnes et leur amour possessif envers Makoto se manifestent par le meurtre pur et simple.

L’anime, de par ses thématiques, aborde donc le moment délicat entre l’adolescence et l’âge adulte, de manière certes exagérée. De plus, on notera l’absence d’adulte (y compris des enseignants) pour encadrer et donner des repaires à cette jeunesse en perdition qui souligne encore plus le titre de l’oeuvre « Jours d’école ».  Loin d’un GirlFriend Beta (précédemment chroniqué), ce School Days est aussi un cri d’alerte sur ces adolescents livrés à eux-mêmes, découvrant la sexualité et le désir mais ignorant, voire méprisant les sentiments de ceux qu’ils prétendent aimer.

Côté graphisme, l’anime n’est pas le plus réussi mais l’intrigue prenant le pas sur le visuel, on pardonnera les erreurs de proportions des dessinateurs. On peut en revanche souligner la qualité des chansons des endings (une chanson pour deux endings) qui sont juste magnifiques.

En conclusion, School Days reste un anime qui continuera de diviser mais qui propose des pistes de réflexion intéressants. Il y aurait de nombreuses autres choses à dire mais je crois qu’il faut le découvrir pour mieux l’appréhender.

Animes, Mangas/Animes/Jeux vidéos

Chronique film(OAV) – Ghost in the Shell : Solid State Society

Type : film d’animation (anime OAV)
Année : 2006
Durée : 105 minutes

Résumé

En 2034, cela fait deux ans que le major Motoko Kusanagi a quitté la section 9 et travaille à son compte, suite aux évènements survenus lors de la saison deux de Ghost in the Shell: Stand Alone Complex. Togusa (en) est devenu le leader d’une équipe agrandie, toujours sous la tutelle d’Aramaki.

Cette nouvelle section 9 est confrontée à une série de suicides inexpliqués parmi les membres d’une junte militaire menaçant d’accomplir des actes terroristes dans le pays pour faire obstacle à un projet de loi du premier ministre. Leur enquête révèle bientôt l’implication d’un mystérieux hacker surnommé le Marionnettiste.

Alors que Batou suit une piste, il croise le major qui lui conseille de se tenir à l’écart du Solid State. De son côté, la section 9 découvre bientôt qu’un grand nombre d’enfants auraient été enlevés dans un but inconnu.

Mon avis

Chronique rédigée dans le cadre du Movie/Serie/Livre Challenge.

Pour le challenge lancé par Tinalakille, je vous propose cette chronique Un film/série d’animation à savoir Ghost in the Shell : Solid State Society.

Le chef d’oeuvre de Masamune Shirow, Ghost in the Shell, a été décliné par moult films d’animation, série animée, OAV et même, prochainement, un film live qui sort le 29 mars prochain (et évidemment, une grosse angoisse pour une puriste de l’oeuvre comme moi) et aujourd’hui, je vais vous chroniquer l’un de ces OAVs qui fait suite aux deux saisons Stand Alone Complex.

Autant le dire tout de suite, cet OAV est une vraie réussite et une perle qui n’a pas à rougir des films comme le premier GitS ou Gits Innocence. L’OAV ouvre une réflexion profonde à travers son intrigue et qui est au coeur des inquiétudes actuelles au Japon (et aussi, finalement de nos sociétés occidentales) à savoir la chute démographique, le vieillessement de la population et une immigration en masse mal perçue dans une  société où la tentation et la montée des nationalismes et du repli soi n’a jamais été aussi forte. L’idée du Solid State, une sorte de système fédérateur autonome qui trie les enfants en souffrance pour les « associer » à des personnes âgées en mal d’héritiers, peut nous sembler inconcevable mais peut-être pas si irréaliste que ça. De plus, la question sous-jacente que l’on retrouve en fil rouge dans tous les GitS est évidemment la question de la relation homme-internet et le résultat de ce vaste réseau qui serait un inconscient collectif, question qui trouve un curieux écho dans nos sociétés ultra-connectées et qui remettrait en cause beaucoup de nos fondamentaux et même de l’éthique actuelle qui régit le domaine des nouvelles technologie et limite le transhumanisne à un fantasme pour les uns, vision de cauchemar pour les autres. En effet, la cybernétisation qui, à mon avis, sera la prochaine mutation de l’évolution humaine, pose de nombreuses interrogations, éthiques d’une part et morales  d’autre part. A l’heure où, en France, on se pose (trop tard) la question de la puissance des algorithmes, qui nous montre le retard, devrais-je dire, le dépassement complet des gouverments face à ces nouvelles technologies, les technologies de GitS (et d’autres d’ailleurs que l’on retrouve pas exemple dans Lain) ne semblent plus si lointaines.

Mais, comme toujours avec GitS, aucune réponse claire n’est fournie à ces question, c’est au téléspectateur d’y réfléchir et de trouver ses propres réponses.

En conclusion, pris seul, GitS : Solid State Society pourrait être difficile à appréhender sans connaître l’univers d’origine. Mais pour les autres, une vraie perle de culture cyberpunk.