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Chronique anime hentaï – Bondage Games

Genre : Hentaï, horreur

Nombre d’épisodes : 2 x 30min

Année : 2003

Résumé :

Renji-Sama tient un hotel particulier. Il reçoit régulièrement des colis contenant des jeunes femmes destinées à servir d’esclaves sexuels. Ainsi Yuu, Yayoi et leurs infortunées camarades doivent, après une “éducation”, subir les pires sévices et assouvir les plus terribles fantasmes du patron et de ses clients. Malheurs à celle qui se rebellera…

Mon avis

J’avoue que j’ai hésité très longtemps avant de vous proposer cette chronique mais j’ai finalement franchi le pas. Je préfère vous prévenir :

la chronique qui va suivre est celle d’une « oeuvre » trash, gore, extrêmement violente. Les âmes sensibles sont donc priées d’aller plutôt faire une petite balade en forêt.

Le Hentaï regorge souvent de peloches assez peu ragoûtantes, flirtant, voire franchissant, de ce qui peut être acceptable avec toutes les déviances sexuelles mais aussi tous les délires possibles et inimaginables. Bondage Game peut faire figure de proue en la matière : orgie sanglante et/ou scatophile, futanari totalement aberrant (le futanari est le fait que un ou des personnages féminins sont dotés de pénis en plus de leurs attributs féminins, que ce soit par la magie comme dans Bible Black ou par opération comme Bondage Game), modification corporelle (notamment un allongement du clitoris de l’un des personnages ou un gonflement totalement halluciné d’une paire de seins après une injection d’un produit quelconque), spanking, meurtre, gavage forcé d’urine et d’excrément, soupçon de cannibalisme etc etc. En deux épisodes, on plonge dans un cauchemard d’animation où les malheureuses héroïnes n’ont aucune échappatoire aux sévices et tortures que leur imposent le maître des lieux, Renji, et ses clients, souvent des hommes riches aux physiques disgracieux loin des bishonens (jeunes hommes) que l’on peut retrouver dans nombre d’animes japonais.

Les premières minutes de l’épisode 1 annonce direct la couleur avec une des prisonnières à qui Renji entourés d’autres esclaves féminins, remplit l’intestin via l’anus de cire chaude. Inutile de vous dire la suite avec un fontaine d’excréments que rejette la malheureuse. Tout ça sous le regard de Yuu, l’héroïne qui se demande comment un humain peut faire subir ça à un autre être humain. Et la suite n’est guère mieux.

Quant à l’épisode 2, c’est un festival d’aberrations et d’ignominie où l’on soupçonne Renji de s’adonner au cannibalisme sur ces victimes qui, jusque dans la mort et après leur mort, n’ont même pas droit à un traitement décent de leurs corps. On aura droit aussi à une augmentation mamaire à l’aide d’un étrange produit injecté avec des seringues, des scènes scatophiles et un défilé de futanari. Totalement blasé et indifférent aux sévices qu’il inflige à ses victimes, Renji et l’histoire de son hôtel très particulier resteront finalement un mystère.

Le pays du Soleil Levant est sans doute l’un de ces pays où cohabitent des films/séries/mangas qui sont des perles de réflexion comme Akira, Ghost in the Shell ou Death Note mais aussi des productions absolument abominables comme Bondage Game ou, découvert très récemment Vomit Enema Extasy chroniqué par Inthemoo sur Cinema Choc (à lire que si vous avez l’estomac en béton armé) avec des vrais gens, où tous les fantasmes, si possible les plus tordus, sont autorisés. Un tel contraste peut se faire poser la question sur la société nippone. J’ai souvent entendu dire que les Japonais sont de vraies cocottes minutes, l’existence de tels agressions filmiques est sans doute l’un des symptômes de cette société ultra corsetée par ses moeurs et qui éprouvent le besoin, au moins visuellement, de ces exutoires ultra violents.

En conclusion, Bondage Game est sans doute l’un des Hentaï qui aura réussi à imprégner ma rétine il y a déjà une dizaine d’années. La barre avait été placée très haute mais depuis, il y a eu Euphoria, son digne descendant en la matière.

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Chronique Anime Hentaï – Euphoria

 

Format : OAV
Episodes : 5 (sans doute un 6eme épisode à venir)
Genres : Horreur – Hentai – Psychologique (interdit aux moins de 18ans)

Résumé

Kei, ainsi qu’un groupe d’étudiantes, et leur professeur, se retrouvent coincés dans un jeu. S’ils n’executent pas les ordres d’une voix, ils se font torturer puis exécuter. Kei, qui a des pulsions violentes et sexuelles, a du mal à se tenir. Pour sortir d’ici, il faudra ouvrir les serrures, Kei, est la clé, et les jeunes femmes, sont les serrures…

Mon avis

J’ai beaucoup hésité à vous poster cette chronique bien que j’ai déjà posté des chroniques sur des oeuvres trash et extrême, me demandant si j’allais trop loin dans l’immonde voire le franchement dégueulasse. Alors, attention, chronique d’une oeuvre (???) extrême, choc et très violente!

Bienvenue dans une version Hentaï d’un mélange de Saw, The Human Centipede et de l’anime Bondage Game, rien que ça! Au menu, meurtre, torture, viol, orgie sanglante et scatophile. Tout un programme!

Le Hentaï comporte souvent de nombreuses déviances  qui, disons-le, franchissent souvent le pas de ce qui peut être acceptables. Parmi ces animes, citons Princesses 69, Bondage Game et maintenant Euphoria.

Dans cet anime, on suit le lycéen Key, 5 de ses camarades de classe et leur professeur, enfermés dans un bunker étrange, tout en blanc et dont la seule façon de survivre est de subir  et faire subir les outrages ordonnés par un ordinateur. Bien qu’étant un anime et censuré, Euphoria parvient à provoquer un certain malaise chez le spectateur.  La dualité dans la personnalité de Key, tantôt protecteur et soucieux de ses compagnes d’infortunes, se révèle véritablement lorsqu’il choisit la fille qu’il va violenter et torturer, devenant cruel, sadique et violent, prenant un véritable plaisir à humilier celle qu’il prétendait apprécier quelques minutes auparavant. Les trois premiers épisodes se concentrent essentiellement sur les humiliations diverses que subissent Nemu, Kanae et Rine : gavage forcée d’excréments, pseudo-pendaisons, spanking et j’en passe. On atteint des sommets avec Rine avec les exagérations et autres aberrations sexuelles que l’on peut retrouver dans le Hentai avec, notamment, le perçage d’utérus, juste absolument immonde. Il n’y a pas vraiment de scénarios, les règles du jeu auquel doivent obéir les prisonniers sont particulièrement ténébreuses voire franchement incompréhensibles. Tout ce que l’on sait, si les prisonniers tentent de se soustraire à cet endroit, c’est la mort assurée, comme le prouvent les premières minutes de l’anime avec la mise à mort de la seule participante dont on ignore tout, si ce n’est qu’elle était déléguée de classe, sur une chaise électrique pendant une longue minute.

Les deux derniers épisodes sont les plus bizarres qu’il m’ait été donné de voir dans un anime ou une série. Pour être honnête, je n’ai rien compris, le scénario part complètement en vrille, un moment dans une sorte de délire hallucinatoire façon ExistenZ avant de filer sur une plage de sable de fin (pour l’épisode 4) et dans une orgie délirante dans l’école de nos infortunés héros, qui n’est pas sans rappeler l’une des mauvaises fins du novel game Discipline : The record of crusade. C’est d’ailleurs un des « grands » moments avec la chenille humaine qui n’est pas sans rappeler The Human Centipede, donc inutile de vous dire que le niveau intellectuel flirte avec les égouts.

Si les Hentaï sont censés filer le gourdin, ce n’est absolument pas le cas d’Euphoria qui est un enchaînement absolument ignoble d’actes sexuels plus violents les uns que les autres. Malgré le décor épuré et blanc, l’ambiance est sordide, étouffant, claustrophobique.

Graphiquement, Euphoria est bien dessiné, les personnages sont soignés, ce qui changent d’un certain nombre de hentais récents qui sont réellement affreux visuellement parlant.

Bref, Euphoria est le digne successeur de Bondage Game en matière d’excès, de délire et de déviance dans le monde particulier du Hentaï.

EDIT du 8 mai : après quelques recherches pour comprendre le scénario de l’anime, j’ai dégotté quelques explications sur les trois derniers épisodes (le 6eme étant sorti en février), il s’agit en fait des fins présentes dans le jeu vidéo, une seule reflétant la réalité, les autres étant du pur délire imaginé par les cerveaux des protagonistes. Le 6eme épisode étant à la hauteur des 5 autres épisodes. C’est ce que je disais : le scénar est parti en vrille..

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Chronique Jeu Vidéo – Alice Madness Return/Alice : Retour au pays de la folie

Éditeur Electronic Arts
Rating : Interdit aux moins de 18ans
Genre : Action-aventure
Mode de jeu : Solo
Plate-forme : Windows, PlayStation 3, Xbox 360

Résumé

Alice : Retour au pays de la folie est un jeu d’action/plates-formes sur PC, Xbox 360 et PlayStation 3. Inspiré des célèbres romans de Lewis Caroll Alice au pays des merveilles et De l’autre côté du miroir, le jeu d’American McGee met en scène Alice Liddell, la « vraie Alice » dont Lewis Caroll s’est inspiré. Alice devra parcourir un pays des merveilles plus ou moins détruit selon les niveaux. En réalité, le jeu se passe à Londres et Alice, devenue folle, n’est donc pas réellement au pays des merveilles (ou de la folie)… Pour découvrir la véritable raison de l’incendie qui a brûlé sa maison et tué ses parents, la jeune fille devra se rendre dans ce pays des merveilles parfois glauque et parfois magnifique en s’enfonçant dans sa folie, afin de retrouver sa mémoire petit à petit, et d’arrêter le Train Infernal qui détruit sa mémoire et sa santé mentale.

Mon avis

Ma première chronique de jeu vidéo et étonnamment, ce n’est pas Diablo 3 (qui reste mon jeu préféré)  mais un jeu Action-Aventure, Alice Madness Return. Alors, je n’ai pas fini le jeu (trèèès loin, à peine 10% du jeu, très probablement, je suis bloquée aux tasses de thé et théières tueuses à coup de… ben jets de thé  brûlant qui vous OS sans même pouvoir parer…) mais j’ai surtout envie de vous parler de mon coup de coeur pour ce jeu, en particulier pour ses graphismes et une ambiance unique. Alice Madness est sortie un an après la sortie de l’adaptation (foirée à mon goût) de Tim Burton qui, sans Johnny Depp, n’aurait pas été mieux que le live de Cendrillon (donc, très mauvais). (Je sais pas d’où vient cette mode chez Disney de faire des lives à la chaîne mais passons).  Oubliez la jolie Alice, rêveuse et un peu bébête (pour être polie) de Tim Burton, Alice Liddell d’American Mcgee est une pure psychopathe en puissance qui n’a pas peur de dégommer des monstres avec le couperet Vorpalin ou son moulin à poivre. (Oui, je sais, ça fait bizarre de tuer des monstres avec un moulin à poivre mais dans ce genre d’univers, on va pas utiliser des fusils à pompe ou des 9mm!) (je n’ai débloqué que ces deux armes, sachant qu’il y a la tête de cheval bien plus tard et cette arme, ça, c’est la classe!).

Les décors du jeu sont juste magnifiques. Je vous recommande l’Art Book qui mérite pleinement son nom d’Art Book. Les designers ont fait un travail juste magnifique avec des décors plutôt variés dont certains sont vraiment très glauques (le château de la Reine Rouge est vraiment gore). Les différents costumes d’Alice sont également excellents et donnent de bonnes idées de cosplays. Mon préféré  est celui qui reprend l’idée des cartes à jouer :

Grâce à Youtube, j’ai même trouvé la vidéo qui m’a le plus mis mal à l’aise, c’est le passage à l’asile. L’ambiance y est juste vraiment malsaine. Mais on peut trouver quelques passages, c’est assez gore dans la Doll House notamment.

Un énorme coup de coeur pour la bande son qui est une de mes préférées.

Le jeu est interdit aux moins de 18ans et, de ce que j’en sais, c’est pleinement justifié. Un film est, paraît-il en projet et j’espère qu’il verra vraiment le jour.

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Chronique Anime – Ghost in the Shell – Stand Alone Complex

Titre : Ghost in The Shell – Stand Alone Complex
Genre : drame, aventure, science fiction, cyberpunk, postcyberpunk, action, policier, film noir
Réalisateur : Kenji Kamiyama
Épisodes : 26

Résumé

« C’est une époque où toutes les consciences ont été converties en photons et électrons dans un unique complexe. Seuls les individus indépendants du système n’ont pas été convertis. »

La série se déroule en 2030 dans une ville de « Niihama-shi », nouvelle capitale du Japon dans un monde qui a connu une Troisième Guerre mondiale nucléaire et une quatrième conventionnelle. Elle raconte l’histoire d’une brigade d’intervention spéciale appelée Section 9 de la Sécurité Publique, ou plus simplement la « Section 9 ». GitS : SAC met en scène les exploits des agents de la Section 9, qui sont issus de l’armée (Batô) ou de la police (Togusa), et la façon dont les événements les affectent alors qu’ils tentent de résoudre chaque cas, ce qui finira par les conduire au personnage mystérieux appelé The Laughing Man (Le Rieur) par les médias.

La Section 9 de la Sécurité Publique est une unité d’élite de sécurité intérieure chargée de prévenir les actes criminels et terroristes liés à la technologie. Ses principales missions sont les enquêtes sur les cyber-crimes importants (infiltration, prise de contrôle de cyber-cerveaux ; cyber-terrorisme), sur les scandales qui touchent des membres du gouvernement et aussi sur des cas de meurtres commis par des personnalités. De temps à autre, la Section 9 assure également la protection de dignitaires nationaux et étrangers.

La série est émaillée de nombreuses références littéraires depuis Des fleurs pour Algernon dont un des épisodes s’inspire directement, en passant par Infinite Jest de David Foster Wallace, L’Attrape-cœurs de J. D. Salinger qui est cité de manière récurrente et plus généralement l’univers du Neuromancien de William Gibson à l’origine du concept de cyberespace.

L’affaire du Rieur est inspiré d’un fait divers réel et des scandales financiers des années 1980 au Japon.

L’intrigue est articulée sur le concept du double et l’existence de nombreux imitateurs en référence à la théorie mémétique (un des épisodes de la saison 1 s’intitule d’ailleurs en anglais mème) et aux Copycats.

Mon avis

Pour cette chronique, j’ai choisi sciemment de vous présenter uniquement la saison 1 de l’oeuvre Ghost in the Shell (abrégé GitS) de Masamune Shirow. Faire une chronique sur l’ensemble de l’oeuvre qui compte pas loin de sept films d’animation (en comptant la série de films Arise), les deux saisons de la série animée et bien sûr l’oeuvre papier, ce qui rendrait trop compliquée à chroniquer et à analyser en un seul et unique article. La saison 1 est considérée, à juste titre, comme plus facilement abordable que les films Ghost in the Shell et Ghost in the Shell : Innoncence qui auront droit à leur chronique prochainement.

Tout d’abord, pour commencer et mieux comprendre l’univers complexe de GitS, je vous propose quelques petites notions à la fois de l’oeuvre mais aussi de l’univers informatique. Dans GitS, le Ghost est la référence de l’âme humaine. Ce qui différencie entre l’homme au sens large (donc comprenant les humains en partie, totalement ou non cybernétisés) et la machine  pure (avec ou sans intelligence artificielle). Mais dans le monde informatique, le vrai, le nôtre, il existe un logiciel appelé Ghost (General Hardware-Oriented System Transfer) dont le but est de dupliquer ou plus exactement de cloner des disques durs, permettant d’éviter de fastidieuses réinstallations dans un parc informatique par exemple. Bien que GitS soit antérieur à la création de ce logiciel, on peut presque considérer que les Ghost dans GitS sont des clones de l’âme (le cas de l’héroïne est évidemment le plus parlant puisque seul son cerveau semble être d’origine, on peut se poser la question si c’était vraiment son cerveau quand elle était humaine). A noter la différence entre un cyborg et un androïde : le cyborg est un humain à l’origine, il est robotisé par exemple suite à un accident ou pour des objectifs militaires et conserve une part de sa conscience qui fait qu’il reste humain. L’androïde n’est ni plus ni moins qu’une poupée dotée d’une intelligence artificielle plus ou moins développée en fonction de ses attributions (un androïde domestique sera moins évolué par exemple qu’un androïde de combat).

Autre point essentiel à savoir concernant la série, on distingue deux types d’épisodes, les Stand Alone en vert, qui peuvent être regardés de façon indépendantes et les Complex qui correspondent à l’intigrue du Rieur et se suivent.

L’oeuvre connue pour aborder des thématiques comme, bien évidemment la relation mais aussi la frontière entre l’homme et la machine, la définition même de l’humanité dans un monde ultra connecté, la définition de l’être vivant, l’émergence d’une conscience collective ou même d’une forme de vie à partir du réseau informatique, les lois de la robotique, ces thèmes sont largement développés dans la série et propose, à la fois à travers les histoires stand alone et à travers l’intrigue du Rieur des pistes de réflexions. Kusanagi en particulier soulève probablement le plus la thèmatique et la question  de ce qu’est l’humanité durant une ère où la frontière n’existe plus ou presque plus. Entièrement cybernétisée, la jeune femme semble inhumaine avec une personnalité froide, détachée, parfois cynique, cruelle et sans pitié. Mais certains épisodes nous montrent qu’elle n’est pas insensible, comme l’épisode sur les étudiants qui s’adonnent au trafic d’organe. Togusa pose même cette question durant cette épisode : « de quel espèce appartient le Major? ».

Mais bien sûr, le thème dominant de la série qui est présent dans le titre est le Stand Alone Complex, littéralement le complexe de la solitude que l’on peut résumer par cette phrase : « L’absence d’original qui produit des copies sans original. » A travers cette définition, on peut y englober le terrorisme, les phénomènes de mode, les comportements d’imitateurs ou même le phénomène des Anonymous. Dans une société où l’impact des images et des médias influencent forcément, consciemment et mais aussi inconsciemment, les individus qui la composent, ce type de phénomène possède à la base un terreau fertile pour s’y développer. Les derniers attentats en sont un parfait exemple mais aussi les différentes actions des Anonymous, quand ils ont fait parler d’eux lors l’Acta ou pour dénoncer certains comportements (les cas de harcèlement en ligne). D’ailleurs, on peut faire un véritable parallèle entre Anonymous et le personnage du Rieur. Dans les deux cas, n’importe qui peut devenir Anonymous ou devenir le Rieur.  L’épisode « La Sarabande des imitateurs » est le plus illustratif de ce phénomène.

L’épisode final de la série est sans doute le plus marquant, par la découverte de l’identité du Rieur, ou plutôt, d’une autre copie du Rieur original mais aussi par les nombreuses références littéraires (avec Salinger), travaux sociologiques (ceux de Fredric Jameson et Masachi Osawa sur la régulation sociale) ou même cinématographique avec une citation de Dziga Vertov qui permet d’attiser une certaine curiosité et d’approfondir plus avant les thématiques de la série. Cette dernière ne propose pas de solution toute faite ou de réponse claire aux questionnements mais invite clairement le spectateur à s’interroger sur un monde qui, au regard des évolutions technologiques, ne paraissent plus si futuristes que cela. Chaque jour apporte de nouvelles découvertes, notamment sur le plan médical avec des greffes ou des implants qui auraient paru inimaginables il y a encore de cela une dizaine d’années. Entre une main robotisée que l’on a vu pour le petit garçon créée grâce à une imprimante 3D et un cerveau boosté à la GitS, la frontière semble devenir plus mince. Sans parler de l’hyperconnectivité qui devient là aussi une réalité tangible. Il s’agit aussi d’une thématique de la série. Dans une société où on peut se connecter sur Facebook et autres réseaux sociaux via son smartphone  ou même une montre à presque n’importe d’où sur la planète, il ne semble plus si inenvisageable d’ici quelques années, si on excepte évidemment, des questions ethiques, que l’on puisse se connecter directement depuis son cerveau. Il existe même des petites sociétés, notamment aux Etats-Unis, un peu secrètement il faut le dire, qui tentent de réaliser ce rêve en essayant d’implanter des puces électroniques permettant d’exécuter des tâches à distance comme ouvrir son garage via le réseau nerveux. Peut être même que l’immortalité ne sera plus symbolisée par des créatures mythologiques comme le vampire mais par la possibilité de télécharger sa conscience sur le Net. (oui, je vais très loin). Le transhumanisme sera (et commence à l’être) très certainement la prochaine étape de l’évolution de l’espèce humaine.

Concernant les graphismes de la série, ils sont vraiment soignés et ne baissent pas en qualité au fil des épisodes. Les musiques sont toujours très belles.

Pour moi, cette série figure parmi mon top 10 des meilleurs animes que j’ai pû regarder.

A découvrir!

Mangas

Chronique Manga – In These Words

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Titre : In These Words
Catégorie : Yaoi (Interdit aux moins de 16ans)
Genre : Thriller, homosexuel
Dessinateur : TOGAQ
Scénariste : Kichiku NEKO
Scénariste : GUILT | PLEASURE
Nombre de tomes : 2 ( le tome 3 n’ayant toujours pas de date de sortie, ni au Japon ni encore moins en France)

Résumé

Katsuya Asano, un profiler formé aux Etats-Unis, est amené à travailler pour la police de Tokyo afin de fournir le profil d’un tueur en série qui sévit depuis plusieurs années. Grâce à son aide, l’opération est une réussite et Shinohara Keiji est enfin arrêté. Obnubilé par la personne qui est à l’origine de son arrestation, ce dernier accepte de faire des aveux complets, mais à la condition que Katsuya soit celui qui les recueille. À peine le jeune profiler vient-il d’accepter qu’il est tourmenté nuit après nuit par le même cauchemar : un homme dont il ne voit pas le visage le retient prisonnier et le torture tout en lui murmurant à l’oreille qu’il l’aime. La frontière entre rêve et réalité s’effondre alors brutalement pour lui …

Mon avis

Après avoir galéré à trouver ce manga (toujours en rupture de stock dans nombre de magasins ou site de vente en ligne), j’ai enfin eu le plaisir de le dénicher à la Yaoi Yuri Con après m’être fendue de pratiquement 20€ pour les deux tomes (et j’ai eu le dernier exemplaire dispo du tome 1 seulement deux heures après l’ouverture de la convention, c’est dire à la vitesse où le distributeur l’a écoulé!).

Acclamé y compris par des non Yaoistes, ce manga est très différent d’une grande partie de la production de mangas Yaoi disponibles sur le marché. Loin des school-romances habituelles ou du monde des Yakuzas avec son cortège de clichés, In These Words est un manga sombre, torturé. Le scénario, il est vrai, flirte allègrement du côté des oeuvres de Thomas Harris, des films et notamment de la série Hannibal qui en découle. Je l’avoue, j’ai été toujours un peu frustrée par la relation ambiguë entre Hannibal et Graham et la forte tension sexuelle qu’on ressent entre les deux hommes. In These Words propose en quelque sorte de franchir le pas à travers Asano et Shinohara dans une relation tordue et violente, notamment dans le premier tome à travers les rêves ou les souvenirs d’Asano. Pour continuer avec le parallèle entre le manga et, j’ai envie de dire, son illustre modèle, en particulier et j’y reviens, la série TV Hannibal, dans les deux oeuvres en question, on plonge dans l’esprit troublé du profiler à travers un cauchemar éveillé. Dans le cas d’Asano, abusé, humilié, la composante sexuelle n’est pas occultée comme pour Graham, bien au contraire. Le retournement de situation dans le volume 2 offre tout un lot de questions sur la relation entre Asano et Shinohara et rappellera à de nombreux cinéphiles, un petit côté à la Shutter Island. De plus, le manga se distingue pour avoir évité de tomber dans le cliché malheureusement trop récurrent dans la romance M/M, du violé qui tombe amoureux de son violeur. Assurément, ce manga est très loin des romances où l’on conte fleurette et on couche au bout de deux heures de conversation. Les codes du polar sont respectés et ne sont pas des prétextes pour coller nos deux protagonistes au lit, car delà des très belles planches mettant en scène leurs ébats sexuels, le manga est un pur thriller. Il se rapproche par certains côtés de Viewfinder de Yamane Ayano.

Graphiquement, In These Words est vraiment très beau. La dessinatrice nous épargne les hommes efféminés que l’on retrouve régulièrement dans le manga Yaoi mais aussi les hommes que certaines mangakas essaient de « barariser » (les manga bara sont des mangas gays destinés à un public gay, contrairement au Yaoi, destiné principalement à un public féminin) et dont le résultat est souvent cataclysmique, tant par le résultat graphique que par les erreurs de proportions.

Ce manga est un véritable petit bijou au milieu d’une surproduction de mangas Yaoi qui est susceptible de plaire à tout amateur, non seulement de Yaoi et de romance M/M mais aussi de polar sombre et torturé.