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[Égnimes & Mystères] Le mystère de la Bête du Gévaudan

Statue représentant la lutte entre la Bête du Gévaudan et Marie-Jeanne Vallet
Statue représentant la lutte entre la Bête du Gévaudan et Marie-Jeanne Vallet

La Bête du Gévaudan

Et voici mon premier article de la nouvelle catégorie « Énigmes & Mystères » qui portera sur l’un des mystères qui me fascine le plus, à savoir la Bête du Gévaudan. L’article va se diviser en cinq parties : petite chronologie du 18eme siècle, le rappel des faits, les hypothèses, mon avis personnel sur l’affaire et une bibliographie/filmographie sélective.

Chronologie du 18eme siècle dit Siècle des Lumières

1715 – Mort de Louis XIV et accession au Trône de France de son arrière petit-fils Louis XV.
17151723 – Régence de Philippe d’Orléan
1720 – La Peste ravage Marseille et la Provence
1725 – Le roi Louis XV épouse Marie Leszczynsnska, la fille du roi détroné de Pologne.
1751 – Début de la publication de l’Encyclopédie.
17561763 – Guerre de Sept ans
1774 – Mort de Louis XV et règne de Louis XVI
1789 – Début de la Révolution Française
1799 – 18 brumaire : coup d’état de Napoléon

Rappel des faits

saint étienne de lugdares
saint étienne de lugdares

Tout commence officiellement le 30 juin 1764 après qu’une adolescente, Jeanne Boulet ait été tuée au hameau des Hubacs dans la paroisse de Saint-Étienne-de-Lugdarès en Vivarais. Cette adolescente qui gardait les vaches est considérée comme la première victime de la Bête du Gévaudan.

Une seconde attaque a lieu le 8 août de la même année avant de s’enchaîner les attaques. Les premiers mois où la Bête va sévir, on recense plus d’une vingtaine d’attaques dont 17 mortelles !

Le Capitaine Duhamel, chef des dragons, décide d’intervenir pour stopper cet animal et entreprend plusieurs battues, sans succès. Ces battues ont essentiellement lieu dans la forêt de Mercoire ce qui a pour effet, semble-t-il, de repousser la Bête en Margeride.
En attendant, les attaques continuent, certaines mortelles, d’autres, comme celui d’un vacher, sont un échec pour la Bête qui est repoussée par les vaches. De plus, la Bête est enfin aperçue par des paysans.

Forêt de Mercoire
Forêt de Mercoire

En raison des conditions météo et de la nature du terrain, certaines chasses ne peuvent être possibles. Voyant les échecs répétés, les États du Languedoc promettent une prime de 2000 livres de récompense à qui tuera la Bête qui ne semble en avoir cure puisqu’on lui attribue cinq nouvelles victimes au mois de décembre.

Le 31 décembre 1764, l’évêque de Mende Gabriel-Florent de Choiseul-Beaupré, également comte de Gévaudan, lancera le très célèbre « mandement de l’évêque de Mende« . Ce mandement est absolument incroyable, clamant que la Bête est un fléau de Dieu qui l’a envoyée pour punir les parents de leurs péchés en dévorant leurs enfants. Il les incite à prier et faire acte de repentance. Des processions religieuses seront d’ailleurs organisées.

Néanmoins, prières, processions et repetances n’auront aucun effet sur la Bête qui semble narguer tous ceux qui ont le malheur de la croiser. Tout comme n’auront aucun effet les battues, pièges et proies empoisonnées, vaines, courageuses mais pathétiques tentatives pour vaincre ce monstre.

L’année 1765 sera particulièrement meurtrière puisqu’on compte 84 attaques dont 38 mortelles !

Il est à noté que dans certaines des attaques, on note des choses étranges mais extrêmement importantes pour l’explication de cette affaire comme des décapitation, des victimes dénudés avec les vêtements pliés à côté des corps.

  • Gravure Bête du Gévaudan

Néanmoins, elle sera tout de même mise en difficulté à plusieurs reprises. L’un des faits notables a pour héros 7 jeunes bergers dont Jacques Portefaix qui, pour des enfants seulement armés de bâtons auxquels sont fixés des couteaux, s’opposeront avec courage à la Bête. Jacques Portefaix sera d’ailleurs récompensés puisqu’il recevra le droit à l’éducation chez les Frères de la Doctrine Chrétienne avant d’entrer à l’école du Corps Royal d’artillerie et de devenir lieutenant. Il moura à l’âge de 33 ans, en 1785.

Cependant, les attaques continuent. Le roi Louis XV, humilié par la presse anglaise qui a écho qu’une Bête met en échec le Roi de France, décide d’envoyer en Gévaudan  le grand louvetier Jean Charles Marc Antoine Vaumesle d’Enneval, réputé pour être l’un des meilleurs chasseurs du Royaume. Mais, habitué à la Normandie, d’Enneval va rencontrer beaucoup de difficulté, à la fois à cause de la nature du terrain mais aussi de la méfiance d’une population rurale, déjà mise à rude épreuve, à qui on demande de participer aux battues, qu’importe le temps, sans armes et chaussés de sabots. Il est aisé de comprendre ces pauvres gens, déjà pressurés par les impôts, dont les récoltes ont été largement abîmés par les multiples battues, souvent humiliés par les cavaliers méprisant les « gueux ». Mais ces gueux auront leur « Jeanne d’Arc », si j’ose dire en la personne Marie-Jeanne Vallet, bonne du curé qui livrera un combat héroïque contre la Bête. J’y reviendrai un peu plus loin.

Quoi qu’il soit, les d’Enneval, fort méprisants, ne feront pas mieux que Duhamel, malgré les nombreuses battues, chasses et pièges. Ils remarquent, lors d’une attaque, que malgré les balles ayant atteint la Bête, cette dernière se parvient à se relever et à fuir. Loup, hyène ou ours, aucun animal ne peut rester indemne de plusieurs balles de fusils.
Il est à noter que plusieurs notables, très important dans l’histoire de la Bête du Gévaudant et dont l’un des fils sera l’un des principal suspects dans cette affaire, vont se plaindre du comportement des d’Enneval. Il s’agit du Marquis d’Apcher et des Comtes de Morangiès. Ces personnages sont particulièrement impliqués dans cette mystérieuse affaire.

Le Roi, plus qu’exaspéré, décide d’envoyer en mai 1765, son porte-arquebuse François Antoine avec son fils et qui a pour mission de mettre un terme à la Bête, peu importe ce qui se trouvera au bout de son fusil.

Mais là aussi, ce sera encore une paysanne, Marie-Jeanne Vallet qui parviendra à tenir tête à la Bête. La célèbre statue dont vous pouvez voir la photo en haut de l’article, illustre la lutte héroïque de la jeune femme contre la Bête. Sa déposition sera célèbre et prise au sérieux. En effet, comme la majorité de témoins, elle confirme qu’il ne s’agit pas d’un loup mais d’un gros animal, de la taille d’un chien de berger mais surtout qu’elle est résistante à la lame qu’elle a utilisée pour se défendre. Cela suppose que la Bête est vêtue d’une carapace pour la protéger des coups mortels.

Monument érigé à la mémoire de Jean Chastel
Monument érigé à la mémoire de Jean Chastel

C’est alors qu’une famille va trouver une renommée dans l’affaire de la Bête du Gévaudan, à savoir la famille Chastel, le père Jean Chastel et ses deux fils Pierre et Jean-Antoine et entrer ainsi dans l’Histoire. C’est suite à une altercation avec des garde-chasses d’Antoine que cette famille sort de l’ombre. Vivant à la Beyssière-Sainte-Marie, à quelques kilomètres de Saugues, cette famille est marginale, la mère de Jean Chastel étant considérée comme sorcière et son fils comme meneur de loups, surnommé d’ailleurs « de la Masca », autrement dit « fils de la sorcière » en occitan et jouit d’une mauvaise réputation. De plus, étant garde-chasse, Jean Chastel est assez proche des nobles, ce qui est mal vu en Gévaudan. Enfin, son frère, Jean-Pierre Chastel a été condamné à mort pour le meutre de son neveu Joseph Pascal mais a réussi à prendre la fuite avant l’exécution de la sentence.

Pour terminer, il est à noter que Jean Chastel est un paysan fin chasseur et lettré, chose très rare en cette époque et signe fréquemment le registre de la paroisse.

Suite à la fameuse altercation, les Chastel ne feront que quelques jours de prison alors que la gravité du « crime » aurait dû les envoyer aux galères. Cette histoire dans l’affaire sera l’un des grands points de suspicion de l’implication de cette famille dans l’affaire de la Bête du Gévaudan.

Pendant que les Chastel sont en prison, on avertit Antoine que la Bête aurait été vue près du bois des dames de l’abbaye des Chazes, près de Saint-Julien-des-Chazes. Il décide d’organiser une chasse et tue un gros loup, décrétant que la Bête était belle et bien morte. En réalité, il semblerait que ce loup ait été la victime de la lassitude d’Antoine, inquiet pour sa réputation et soucieux de quitter cette région avant l’hiver. Il fait empailler le loup et ramène la dépouille à Versailles, empochant la prime promise par le Roi.

Gravure de la présentation du loup tué par Antoine à Versailles
Gravure de la présentation du loup tué par Antoine à Versailles

Durant quarante jours, il n’y a plus aucune attaque, semblant confirmer que la Bête est bien morte. Mais ce soulagement cesse le 2 décembre avec une nouvelle attaque sur les pentes du Mont Mouchet. Le Roi ne voudra plus entendre parler de la Bête et, par conséquent, le Gévaudan sera plus abandonné que jamais et livré aux attaques d’une bête insaisissable. De plus, le Roi ayant décrété la fin de la Bête et ne voulant plus en entendre parler, la censure s’abat sur le peu de presse qui existait à l’époque.

L’année 1766 ne rencens officiellement que 16 attaques dont 7 mortelles. Les notables et les paysans en sont réduits à faire des battues et ont tué un grand nombre de loups mais la Bête n’en a cure.

L’année 1767 sera plus meurtrière avec 27 attaques dont 16 mortelles. C’est la mort d’une certaine Jeanne Bastide, proche du Marquis d’Apcher qui déclenchera l’ultime chasse durant laquelle Jean Chastel, après avoir fait bénir ses balles, tuera la Bête, la vraie!

C’est ainsi après plus de 1000 jours que l’affaire de la Bête du Gévaudan prend officiellement fin avec un décompte totale et officiel de 155 attaques dont 78 mortelles. Il est fortement soupçonné que le nombre réel de victime soit encore plus élevé mais il est impossible désormais de pouvoir l’évaluer. L’affaire est officiellement finie. Officiellement? Pas vraiment car Jean Chastel tentera de recevoir honneur et récompense, y compris à Versailles et où il ne fut reçu qu’avec mépris et moquerie. La dépouille de l’animal fut enterrée à la hâte. Mais de nombreuses questions demeurent encore sans réponse.
Quelle était cette Bête, sa nature réelle ? Un animal sauvage? Domestiqué? Un chien de guerre munie d’une carapace? Un animal autochtone ou importé d’Afrique?
Etait-elle téléguidée pour assouvir une vengeance?
Quelle est la réelle implication de la famille Chastel dans cette affaire?
Pourquoi soupçonne-t-on lecomte François-Charles de Molette de Morangiès?
Et surtout, à qui profite le crime?

Hypothèses, théories

La première théorie et la plus communément admise, quoique extrêmement constestable est que la Bête a été un loup ou une meute de loups enragés et antropophages.

Cette théorie pour moi ne tient pas la route. Il faut savoir que dans ces années-là, la population de loups étaient d’environ 10 000 individus. Les paysans avaient l’habitude d’en voir et les reconnaissaient aisément. Si cela avait été un loup, ils n’auraient jamais parlé de « Bête » ou « Besta » en patois.

Loup gris commun, espèce alors la plus répandue

De plus, les témoignages parlent d’un animal massif, plus grand que le loup, qui semblait narguer quiconque la défiait. Contrairement aux poncifs habituels, le loup est un animal craintif qui préfère fuir l’homme que de l’attaquer. Il ne mangerait un homme que si celui-ci était blessé ou agonisant. Je vous renvoie à l’ouvrage d’Hervé Boyac qui développe toute la contre-théorie que la Bête du Gévaudan ne peut pas être un loup.
Une chose que je trouve très importante et que j’ai évoqué, ce sont les mutilations, les décapitations, la tête des victimes manquantes et les vêtements pliés à côté qui discrédite le loup ou tout autre animal et plaide en faveur d’une intervention humaine.

Une autre théorie, se fondant sur l’aspect inhabituel de l’animal, propose la hyène comme nature de la Bête.

Hyène avec une proie

Il est vrai que le comparatif avec les gravures que l’on trouve sur la Bête jette le trouble et sème le doute. Mais là aussi, des choses ne peuvent pas coller avec cette théorie. Tout d’abord, les animaux exotiques étaient très rares à cette époque en France, réservés à une élite et, par là, coûtaient des sommes exorbitantes. Et certains crimes, je le répète, ne peut pas être l’oeuvre d’un animal seul.

S’agirait-il alors d’un hybride loup-chien? La question se pose et est plus crédible si celui-ci est accompagné d’un maître et uniquement dans ce cas-là car l’hybridation naturelle est plus compliquée à obtenir, même en liberté.

  • levrier irlandais

Ou une race de chien alors encore inconnu ou, en tout cas, peu répandu et donc inconnu du commun des mortels comme le lévrier irlandais, considéré comme l’un des chiens le plus grands du monde.

S’agirait-il d’un tueur en série à l’image d’un Michel Fourniret ou d’un Francis Haulmes? C’est probable pour certains meurtres mais pas pour l’ensemble des crimes. Le problème de cette théorie est la distance et le temps entre les attaques reconnues officiellement, parfois espacés de quelques heures mais séparés d’une vingtaine voire une trentaine de kilomètres. Rappelons que la voiture n’existait pas!

D’autres théories sont plus farfelues comme l’intervention d’extra-terrestres ou d’un démon venu des Enfers.

Il y a aussi beaucoup de théories concernant l’implication du pré-cité comte de Morangiès, notamment pour sa moralité plutôt douteuse, ses moeurs dissolus et son comportement pendant la Guerre de Sept ans. Néanmoins, aucun écrit, aucun témoigne ne met le comte formellement en cause.

Ma conclusion et avis personnel

Pour moi, la première question que je me pose désormais ne porte pas sur la nature de la Bête mais quelle était le lien entre toute les victimes et pourquoi elles ? C’est grâce au livre d’Hervé Boyac que ma vision de l’affaire a changé. Le loup était un alibi pour pouvoir l’exterminer et éliminer un prédateur rival. Et, si actuellement, la victimologie est une méthode de police qui permet de déterminer si le meurtre implique ou non une personne de l’entourage de la victime.
Dans le cas de l’affaire de la Bête du Gévaudan, ce travail évident n’est que rarement étudié et, j’en suis persuadée, permettrait d’apporter un nouvel éclairage à toute cette affaire. Même si beaucoup d’archives ont été plutôt bien conservées, il est difficile de déterminer le nombre réel de victime. En effet, l’Eglise avait décrété que toute victime de la Bête n’aurait pas le droit d’avoir un enterrement chrétien, ce qui, pour une population très catholique dans le Gévaudan a constitué une raison de dissimulation des personnes mortes à cause de la Bête.

Je pense qu’il y a plusieurs affaires, l’affaire des victimes de la Bête du Gévaudan et les victimes d’opportunisme, tuées pour d’autres raisons comme des vengeances ou des crimes de rôdeurs par des bandits de grand chemin et qui ont profité du « buzz » pour faire passer leurs crimes pour celui de la Bête.
La Bête du Gévaudan est, à mon avis, une vendetta personnelle, soit du frère de Jean Chastel qui, condamné à mort, voulait se venger de ceux qui ont témoigné contre lui ou ont simplement accrédité sa culpabilité par des rumeurs. L’autre coupable « idéal » est évidemment le comte de Morangiès qui aurait agi par sadisme pur et aussi pour humilier la Monarchie qui lui avait refusé de vivre à la Cour.
Enfin, il y eut un affaire dans la région, un siècle plus tôt qu’on a appelé les « Grands Jours d’Auvergne » où, à cause de nombreuses plaintes de paysans ou de petits bourgeois au Roi en personne pour des abus de la noblesse locale, ces nobles furent dépouillés de leurs biens et certains furent même exécutés. Est-ce que la Bête du Gévaudan a servi à réaliser une vengeance, fruit d’un siècle de rancoeurs?

Pour conclure, l’Affaire de la Bête du Gévaudan, à l’instar de l’Affaire des Poisons sous Louis XIV, est extrêmement révélatrice d’une époque, de boulversements à venir. N’oublions pas que l’affaire commence en 1764 et se termine en 1767, soit un vingtaine d’années avant la Révolution française, presque un battement de cil au regard de l’Histoire.
Nous sommes au siècle des Lumières, de la rationnalité, la Cour de Versailles est l’une des plus riches et élégantes d’Europe, des grands écrivains et philosophes font avancer la réflexion sur la justice, l’égalité, remettent en question les dogmes de l’Eglise alors toute puissante. Et il y a la province du Gévaudan, province oubliée au coeur de la France et qui semble être restée coincée au Moyen-Âge, où on croit encore aux superstitions et aux sorcières. Même si Louis XIV a interdit la chasse aux sorcières, les gens suspectés de pratiquer la magie sont encore rejetés par la population.
De plus, certes les victimes directes de la Bête ne doivent pas être oubliées mais les nombreuses battues, les réquisitions du louvetier du Roi ou de son arque-buse ont causé infiniment plus de dégâts et ont mis à mal une population déjà très pauvre que la Bête elle-même. N’oublions pas, et j’ose le mot, le génocide envers les loups qui, encore à l’heure actuelle, sont accusés de tous les maux. Ces animaux ont payé le prix pour les ravages causées pour la satisfaction ou la vengeance personnelle d’une ou de quelques personnes malintentionnées.

Sources, Bibliographie et filmographie sélectives

La page Wikipédia consacrée à la Bête du Gévaudan.

La Bête du Gévaudan - le loup réhabilité Hervé Boyac
La Bête du Gévaudan – le loup réhabilité Hervé Boyac

La Bête du Gévaudan – le loup réhabilité
Hervé Boyac

Vous pouvez lire ici la chronique que j’ai fait de cet ouvrage que je considère comme un ouvrage de référence sur ce sujet.

En juin 1764, dans le sud du Gévaudan, ce comté devenu depuis le département de la Lozère, une Bête apparaît. Très vite, elle va semer la terreur parmi les habitants de cette région rurale déjà éprouvée par les guerres de religion passées, les hivers rigoureux, les famines et épidémies. Les rescapés des attaques diront sans hésitation qu’il ne s’agit pas d’un simple loup, mais d’un autre animal inconnu ici qu’ils nommeront « La Bête ». Celle-ci s’attaquera prioritairement aux enfants dont la tâche principale consiste à garder le bétail. Tuant avec une audace déconcertante, elle va déjouer tous les pièges, et échapper à toutes les chasses menées contre elle par les plus grands spécialistes en la matière, envoyés par le roi Louis XV en personne. La Bête est imprévisible, elle accomplit de longs déplacements, elle survit aux coups de feu reçus, bref elle paraît invulnérable. Les paysans désespérés, se rallient d’ailleurs aux propos religieux de l’évêque pensant que la Bête est un démon que seul Dieu pourra détruire. […] Qui a pu imaginer un tel complot et pourquoi ? Nous sommes à 25 ans de la future Révolution française, et les tensions commencent à être très vives dans les provinces aussi ; de vieux conflits resurgissent. […]Depuis lors, en France, le loup est toujours tenu pour responsable de cette odieuse affaire dans laquelle il est pourtant hors de cause. Cet ouvrag a pour but de s’approcher un peu plus de la vérité, en essayant de rendre plausibles les faits qui ont endeuillé cette période déjà lointaine de notre histoire, tout en acquittant le loup sans équivoque.

La Bête du Gévaudan

Film de Patrick Volson avec Sagamore Stévenin, Léa Bosco, Jean-François Stévenin, Guillaume Gallienne, Vincent Winterhalter

Film qui retrace le plus fidèlement possible l’Affaire de la Bête du Gévaudan. Pas forcément un film à gros budget mais honnête et plutôt bien réalisé.

la bete du gevaudan
la bete du gevaudan
Histoire de la Bête du Gévaudan : Véritable fléau de Dieu
Histoire de la Bête du Gévaudan : Véritable fléau de Dieu

Histoire de la Bête du Gévaudan : Véritable fléau de Dieu
par l’Abbé Pourcher

Composer l’histoire de la Bête du Gévaudan d’une manière exacte n’a pas été chose facile ; car d’abord sa nature est à peu près restée inconnue, et si elle n’a vécu, ce qui est probable, que de meurtres et de carnages, sa ruse et son agilité, favorisées par de circonstances malheureuses ont tellement servi sa férocité, qu’il est impossible de la suivre dans tous ses ravages, elle a même su en cacher un très grand nombre en se faisant accompagner dans ses aventures et il est même très probable que ses compagnons ont bien souvent par la mort payé pour elle. Sa férocité avait le propre de jeter sur son passage une consternation et un effroi tels qu’il est impossible de nier qu’elle n’était autre chose qu’un fléau de Dieu. Le monde entier s’est occupé d’elle et a toujours ignoré ce qu’elle était et quelles étaient l’étendue et l’immensité de ses carnages. Voulant voir en elle qu’un fait purement naturel, on ne lui opposa que de faibles résistances quoique tout en elle annonça la sévère vengeance divine, qui se sert des plus petites choses pour punir l’orgueil de l’homme et lui prouver que si par la toute-puissante bonté divine il a été fait le roi de la nature, il en devient le vil esclave s’il abandonne les voies de son Dieu.

Sur les traces de la bête du Gevaudan et de ses victimes
par Bernard Soulier

La bête du Gévaudan a été un fait divers très important du dix huitième siècle, sous le règne de Louis XV, car il a rapidement pris des dimensions nationales et même internationales. Dès le début le pouvoir central s’est intéressé à l’affaire. Le nombre des victimes, les conditions des attaques, la non identification de l’agresseur ont fait que les meilleurs chasseurs du royaume ont été mis à contribution. La presse de l’époque a rapidement saisi l’occasion de monter ce qui peut être considéré comme le premier coup médiatique de l’histoire de France. Les colporteurs, en vendant gravures et complaintes ont aussi participé à la médiatisation de l’affaire, notamment dans le peuple des campagnes. Cet animal (ou ces animaux ?) a sévi entre 1764 et 1767 sous le règne de Louis XV dans une région couvrant principalement le nord de la Lozère actuelle et une partie de la Haute-Loire du côté de Saugues, Pinols, Auvers et en Auvergne jusqu’à Ally et la Chapelle Laurent. La vraie nature de la bête n’est pas encore à l’heure actuelle complètement élucidée, c’est d’ailleurs ce qui fait tout l’intérêt de cette histoire. 

Sur les traces de la bête du Gevaudan et de ses victimes
Sur les traces de la bête du Gevaudan et de ses victimes

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